Parti

Il est parti comme il s’était installé : sans un bruit.

La semaine dernière je l’ai vu, son cœur, ses petits bras, et le mardi suivant plus rien. Il s’est éteint le lendemain.

Il n’y aura pas de petit bébé de décembre, il n’y aura pas de congés mat jusqu’en 2021, il n’y aura pas de tour du monde en 2021. Il n’y aura pas de lits superposés dans la chambre de Louise et de murs étagères bureaux trop chers.

3 mois et demi à se projeter, à s’imaginer tous les cinq. Le tiers d’une grossesse normale. C’est long. J’ai passé le cap des 35 ans avec une tourtel twist. Il a fallu expliquer aux filles que le bébé avait arrêté de grandir.

Il faut faire le deuil de ces projets avec ce bébé là.

On ne saura jamais si c’était une fille ou un garçon. On ne poussera pas le vice pour savoir si l’incompatibilité vient de nous. On se dit qu’on a déjà deux enfants en forme et que c’est un coup de pas de chance.

C’est fini. Bientôt il y aura un autre bébé, qui viendra compléter notre famille de zinzins.

J’ai fini de pleurer. J’attends la prochaine étape : l’opération, qui me permettra définitivement de tirer un trait. J’espère que l’expulsion ne se déclenchera pas seule d’ici là. Je préfère qu’on m’endorme, et ne rien voir ni sentir.

Entre temps il y a mes deux asticots, notre amour plus fort que tout, les amis précieux qui nous entourent et quelques jours d’arrêt juste pour moi.

Il faudra trouver une autre excuse pour ne pas aller à Rennes à Noël cette année.

Mais il y aura des rosés piscine cet été (qui risquent de taper bien fort après 3 mois d’abstinence)

Puis dès qu’on sera prêt, on recommencera

Rencontre du troisième type

C’était dimanche soir et pour une fois on était à l’heure sur le planning. Faut dire que j’avais cuvé ma soirée d’anniversaire toute la matinée et que JBL s’était couché à 3h après le rangement du champ de bataille et qu’il avait géré les Mogwaïs seul la matinée.

Plus tôt dans l’après midi, JBL m’avait dit qu’il trouvait que M se grattait bien la tête « il fait chaud, c’est la transpi » que j’ai dit, en plein déni. Mais au moment du bain, à 19h15, alors que pour une fois le livreur de sushis n’avait pas 40 minutes de retard j’ai voulu vérifier en passant un coup de peigne fin dans ses cheveux. Dans ses cheveux épais. Et bouclés. Et longs jusqu’au fesses.

Un passage. Et un pou. Je n’en avais jamais vu, mais c’est comme la contraction qui arrive et te dit que là c’est l’heure d’aller à la maternité. Je savais bien que c’était l’heure de sortir le pouxit. Je savais bien que ma soirée était ruinée. On était dimanche 19h15 et tout avait si bien commencé.

Rien dans le Laurence Pernoud – Ce bouquin ne sert vraiment à rien, rien dans le carnet de santé. Heureusement qu’il y avait mes copains Google et doctissimo pour me dire à quoi ressemble une lente et si elle était morte. Je bénis aussi la copine qui m’a conseillé d’acheter une bouteille de pouxit dès l’entrée à l’école parce que ça allait me servir un jour. Je ne sais plus qui c’est. Mais c’est l’un des meilleurs conseils qu’on m’ait donné

J’ai donc peigné inlassablement, mèche par mèche, mon enfant qui se mordait les joues et ravalait ses larmes de peur – sans doute – que sa mère hystérique n’abandonne et lui mette un grand coup de ciseaux dans sa chevelure de rêve… bien sur, après j’ai traité la petite, puis moi aussi. Au cas où.

on est passé à table a 20h30, on sentait l’huile essentielle de lavande et le pouxit. Et c’est la que doctissimo m’a dit qu’il fallait passer le peigne tous les jours. Minimum une semaine. Pour vérifier qu’il n’y avait pas de survivant…

Aujourd’hui, à j+2 j’ai cru mourir en voyant un tout petit point blanc dans les cheveux de L. Fausse alerte. C’était juste un petit grain de quinoa. Ca me gratte. Toute la famille se gratte. Je regarde mon canapé d’un mauvais œil en me demandant à quel endroit M a posé sa tête ces derniers jours. J’hésite à déhousser le canapé. J’ai déjà lavé tous les draps de la maison…

A j+2 je me demande : se remet on un jour de ce traumatisme ? Vu les souvenirs de ma mère sur la façon de traiter les poux, je pense que oui… Vu mes copines qui tremblent quand on les mentionne, je suis pas sure.

Les poux, les putes.

Vendredi Maman cuisine pas !

On choisit toutes nos combats, et je suis celle qui me met une pression folle à bien faire manger ma famille.

Je cuisine et j’adore ça, j’innove et je mitonne de bons petits plats. Et le week-end je me régale à passer du temps en cuisine pour les copains et les minis !

Mais pas le vendredi. Le vendredi on commande des sushis ou des pizzas, on fait des barbecue et je ne fais rien. On prends l’apéro et on mange que des chips et des tomates cerises.

Le vendredi je ne fais rien. On ne lave pas les enfants, juste un peu les dents, et on se détend.

Parfois on sort, parfois on reste à la maison, mais il y a peu de vaisselle ce soir là. On mange beaucoup avec les doigts et un peu n’importe quoi…

Après la course folle de la semaine, cette parenthèse est nécessaire à tous les 4 pour bien commencer un bon week end !

D’ailleurs, chic ! Demain c’est vendredi !

Femmes sous pression

J’ai fait des études prestigieuses et la plupart de mes copines d’aujourd’hui, je les ai rencontrées dans les open bar de l’école de commerce. Profil cadre sup, dynamique, urbaine, un ou deux enfants, un scooter et une – voire deux – nounou(s) à domicile. J’ai fait le choix de changer de voie à la naissance de M, de prendre un métier qui m’assure de pouvoir l’accompagner à l’école et de pouvoir être à la maison à 18h, en théorie, si les astres sont bien alignés.

Et j’ai la pression. Parce que ce choix de réduire mes horaires au quotidien vient avec une perte financière sèche, et que, si je suis persuadée d’avoir fait le bon choix et d’avoir trouvé mon équilibre parfait vie de famille et vie professionnelle, j’essaye aussi coûte que coûte d’être irréprochable à la maison : je culpabilise quand je demande à la nounou de faire des heures sup, parce que j’ai rdv à 20H30 avec mes copines (à la sortie du travail ahah) pour boire un verre, et que je préfère profiter de ces trois heures de liberté pour faire du shopping. Je culpabilise, quand je demande à JBL de rentrer tôt à la dernière minute, parce que j’ai un plan sympa qui vient de tomber. Je culpabilise aussi quand je dois refuser une soirée, ou pire l’annuler, parce que j’ai un peu tiré sur la corde et que j’ai envie de voir mes filles (et vice versa).

Autour de moi, c’est pareil, quels que soient les choix : temps complet, temps partiel, déplacements constants, horaires souples ou au contraire grosses journées, nous culpabilisons toutes de ne pas en faire assez. Crainte du regard des autres, et en particulier de nos mères, belles-mères et de nos nounous. Pas assez à la maison, trop au travail, ou l’inverse.

Pourtant quand on y pense, on pourrait balayer d’une main ces regards insistants : j’ai une nounou qui fait presque partie de la famille, et les filles l’adorent. Cette aide précieuse me permet de conserver une vie sociale importante à mes yeux, et de répondre présente à des événements de dernière minute. Retrouver un peu d’insouciance, comme avant les enfants, quand le texto « un verre ? » de 19h tombait toujours à pic. J’ai une passion débordante pour l’apéro, mais ça fonctionne aussi avec une séance de sport ou de ciné.

Nous avons le luxe de choisir de prendre une baby-sitter et les moyens financiers pour engager de l’aide à domicile régulière. Au lieu de culpabiliser de ne pas vivre comme nos mères qui pour beaucoup ont fait tourner l’essentiel autour de leur foyer, je trouve dommage de ne pas réussir à assumer : « oui, j’ai besoin d’aide au quotidien. J’ai besoin d’aide pour le ménage, de l’aide de ma mère, de ma sœur, de mes amies et de ma nounou ».

Comme tous les parents qui jouent avec les cartes qui leur ont été distribuées, je crois que nous faisons de notre mieux. Selon l’adage, il faut un village, alors mon village, je l’embrasse car c’est celui qui me permet d’être celle que je suis au quotidien.

Noces de Cire

10 mai 2014,

9h : je me réveille dans ce merveilleux gite du domaine de Nestuby. On ne s’est pas couchés tard mais j’ai encore bien mal à la tête. Le traiteur m’appelle il est en route, comme le dj.

10h : j’annonce à Mylène que finalement on a qu’à zapper le coiffeur. J’ai qu’à remonter mes cheveux vite fait comme ça en chignon. On m’embarque de pied ferme dans une voiture. Marion prend mon téléphone et m’annonce qu’elle prend en charge la deco et l’installation du traiteur. Aie confiance me souffle-t-elle. J’ai déjà une heure de retard sur le planning.

15h : on retourne au gîte. Je n’ai jamais passé autant de temps à me coiffer ou maquiller. Canage, mise en plis, j’ai fait la totale aujourd’hui… on est presque dans les temps, on doit être à l’église à 16h. Mylene est enfermée dehors en poumpoum short et t-shirt chat fluo. Sa tenue est à l’intérieur. Elle m’envoie m’habiller chez mon père.

Aie confiance…

15h30 : mon père fait les cent pas dans le couloir. T’inquiètes papa ils ne vont pas commencer sans moi. J’enfile ma robe. Carole m’aide à attacher tous mes boutons. Je crois à une blague quand elle me dit « y a un bouton qui est resté dans ma main » sans sourciller elle recoud le maudit bouton en moins de deux. TatieCarole ❤️…

Aie confiance…

16h : je ne sais par quel miracle on est à l’heure à l’église. Margaux hurle d’avoir été réveillée de sa sieste sans avoir le droit à son goûter. J’esquive un moment de recul lorsque, pour la bénédiction, le prêtre détruit ma coiffure de 5h… je n’ai d’yeux que pour notre journée lorsqu’on se dit oui

Aie confiance…

17h : sortie de l’église au son des instruments de nos amis les plus chers. Je n’ai pas fui on est mariés pour tout donner toute la vie. Il n’y a plus qu’à fêter ça à grands coups de cubi jusqu’à la fin de la nuit.

10 mai 2018,

Je veux coucher les plus doux souvenirs de notre mariage sur le papier pour ne jamais les oublier.

Je suis seule pour ces noces de cire, puisque JBL est parti à la mer avec les Mogwaïs, et comme il y a 4 ans, je réalise ma chance d’être si bien entourée.

Le 10 mai, ce n’est qu’une date, on saura bien se rattraper.

Pour la Planète

Maman ? Tu pourras acheter des petits pois chinois ? Y a bien des choux chinois, des soupes chinoises, ça change des petits pois français si on peut avoir des petits pois chinois !

C’est cette petite phrase anodine de M qui a initié le débat. En soit, oui, on pourrait avoir des petits pois chinois, si on habitait là-bas. Pas facile d’expliquer à un enfant de 4 ans la temporalité des saisons et le respect de la Terre.

Tu vois, mon coeur, à Paris, chez Papé dans le Sud, ou encore en Italie, ou en Asie, on habite tous sur une grosse boule qu’on appelle la planète Terre. Il n’y a qu’une seule planète qui nous donne ce dont on a besoin : des plantes, des fruits, des légumes et des animaux. Mais il faut bien la respecter et ne pas gaspiller.Si on l’abîme trop, elle n’aura pas le temps fabriquer de nouvelles choses. Et s’il n’y a plus rien, on ne pourra pas rester ici. Le problème, c’est qu’on a pas d’autre planète où aller. Tu comprends ?

Alors, pour la préserver il y a plein de petites choses qu’on peut faire Avant on ne savait pas, mais maintenant on sait qu’il faut faire attention. Tu as été à la ferme déjà, tu as vu les potagers ? On ne peut pas cueillir tous les fruits et les légumes au même moment. Déjà parce qu’ils sont meilleurs si on est patients, et la Terre doit se reposer, comme nous, pour pouvoir mieux travailler…

Et puis des petits pois, on en trouve juste à côté, alors pas besoin de leur faire prendre un avion ou un bateau pour en avoir. Il faut mieux se dire que les avions ou les bateaux servent à transporter les gens quand ils veulent voyager, et pour les légumes, manger ceux qui poussent à côté de chez nous. Comme ça, pas besoin de les emballer dans du plastique, t on peut les sentir et les toucher avant de les acheter. C’est important ça, tu sais ?

Alors les fruits et les légumes c’est mieux si on les prends à la ferme juste à côté ou au monsieur qui vient jusqu’au marché ? 

Oui. Comme de respecter l’eau, et bien regarder dans quelle poubelle on jette le papier, le plastique, ou le verre. Toutes ces petites choses que l’on fait, si tout le monde fait attention, c’est meilleur pour la planète et l’environnement. En plus ça tenait beaucoup à cœur à TatieCarole ces petites choses. Quand j’étais petite fille, on ne m’expliquait pas. Mais maintenant on sait que ce sont des actions qu’on doit faire ensemble : les adultes et les enfants.

Oui. On va pas acheter n’importe quoi, on va manger des légumes qui poussent juste à côté pour être en forme et la planète aussi. comme ça tout le monde est content !

Et l’important c’est de bien réfléchir à ce qu’on fait, ce qui est bon pour nous, et pour tous les autres qui vivent sur la planète. **Fierté Maternelle**

Et moi, je vais plus me gratter les fesses parce que ça protège pas la planète !

… On y était presque …

Je choisis de ralentir

Mes journées sont souvent les mêmes : le matin je cherche mes clés / mes lunettes / mon sac, puis M. me demande avec son air de chat potté si je peux la déposer juste devant la porte de l’école.

Je vise le train de 31, qui me fait arriver à l’heure, et je le rate systématiquement, et parfois même celui de 37, qui me fait arriver avec seulement 5 minutes de retard… Je me maudis d’être encore à la bourre et j’envoie un texto à ma boss… Les travers d’avoir un job cantonné à des horaires définis en avance.

Puis comme je culpabilise, le soir je fais un peu de rab. Je me dis que comme parfois je glande, je réponds à mes mails perso, etc, je peux bien faire 30 minutes de rab. Du coup je cours en me maudissant d’être encore à la bourre en envoyant un texto à ma nounou, et le cycle se répète.

Les nouvelles technologies nous permettent de gagner du temps, mais qu’avons nous fait de ce temps ? Quand j’entends râler sur les transports en commun pour 5 minutes de retard, alors que des progrès énormes ont été fait en ce domaine depuis 10 ou 15 ans, je me questionne.

Nous avons passé quelques jours à Copenhague à deux, en prenant le temps de nous balader au gré des rues et en nous arrêtant en fonction de la faim et de la pluie. Quel bonheur.

J’ai remarqué que les danois ne sortent pas leur téléphone quand ils sont au resto ou autour d’un café. Ils pédalent et ont tendance à faire une seule chose à la fois. C’est d’ailleurs l’une de mes résolutions 2018. Être patiente et ne faire qu’une chose à la fois. Dépolluer mon temps libre.

Pour ce faire, JBL et moi avons pris une décision importante lors de ce week end. Nous avons desinstallé toutes les applis des réseaux sociaux, y compris mon petit chouchou, Instagram, que j’ai viré ce soir. L’idée c’est de ne plus être à portée d’un clic. Je n’ai pas supprimé mes comptes, mais j’espère retrouver du plaisir à me rendre sur les réseaux, peut être 10 minutes par jour, plutôt que d’y aller par habitude. JBL, lui, a viré tous les trucs de foot, les applis de l’immobilier et – alleluia – les notifs e-mail. Il a quand même gardé les notifs pour ses n+1 et n+2, il faut bien qu’il y en ai un qui gère un peu sa carrière.

Je me suis sentie un peu désemparée au départ. C’est grave, mais c’est vrai. Mais je retrouve du temps pour faire autre chose que de l’écran. Et ça fait du bien. Ça ne m’a pas empêché de zoner devant top chef hier soir. Mais j’ai des plans bouquins pour ce soir.

Je pars d’un constat simple : les meilleures choses sont gratuites : un bouquin avec un thé sous un plaid pourri, une soirée jeu de société avec les copains, le plaisir de faire quelque chose de ses mains – même si je suis nulle et que c’est moche à la fin, et surtout penser différemment, se cultiver. J’espère petit a petit prendre le temps de faire les 1000 activités que j’ai déjà en tête, a commencer par ce MOOC qui me fait de l’œil depuis plusieurs mois !

Ça fait longtemps que je souhaitais entamer cette démarche. Aujourd’hui, l’essentiel est lancé et je me sens déjà libérée. A suivre pour voir mes progrès.

#travelingwithkids : leur ouvrir les yeux et leur faire découvrir le monde

Il y a bien longtemps déjà, avant même que M soit un projet, JBL et moi avions décidé qu’un jour on partirait pour un beau voyage autour du monde. Un beau voyage avec les enfants, pour leur ouvrir les yeux et leur faire découvrir le monde. Ce projet, il est toujours dans un coin de notre tête, il s’affine. Mais il n’est pas encore prêt. On pense au camping car, à l’échange de maison, à l’itinérance. JBL veut prendre le temps de se poser et de découvrir les gens, l’appel de l’aventure à l’extrème présente d’autres avantages, ou pourquoi pas simplement repartir s’installer à l’étranger, même pas forcément loin.

Quand on a eu M, nous avons mis nos projets entre parenthèse faute de stabilité professionnelle, puis L est arrivée, la stabilité est revenue, et avec elles, l’envie de voyager est réapparue.

Depuis notre retour du Viet-Nam, on ne pense qu’à renouveler l’expérience. Partir au bout du monde, changer nos repères et leur faire découvrir l’ailleurs. Ouvrir leur univers et décupler leurs sens. Nous avons profité de ces 15 derniers jours sans elles – merci mamie – pour finaliser nos choix. Cette année il y aura 10 jours en Irlande, et il y aura 3 semaines à Bali. Cette année, on a décidé d’en profiter.

Tous ces voyages, financièrement, ce n’est pas très raisonable. Il y a le crédit de la maison, la famille qui râle de ne pas nous avoir plus l’été – même si je pense que tonton B a eu sa dose de l’année après le ski – et des préoccupations d’adultes qui font qu’on se pose plein de questions : Quand est-ce qu’on lance le petit 3ème ? Ne devrait-on pas mettre de l’épargne de côté au cas où ? Pour faire cet hypothétique voyage autour du monde, il faudrait commencer à économiser maintenant ? Et les impôts, on les a prévu cette année ?  Faut-il se priver un peu pour en profiter plus plus tard ? Et la retraite, les études des enfants, est-ce qu’on sait comment nous allons les financer si on dépense autant ?

Toutes ces questions, on les a balayées d’un revers de la main. Non, ce n’est pas vraiment raisonable, mais qui peut nous dire de quoi sera fait demain ? Nos enfants nous les construisons aujourd’hui, nos souvenirs de famille aussi. Alors je me promets, d’être un peu plus raisonnable pour compenser. D’ailleurs, j’ai à peine fait les soldes cette année. C’est une première ! Je pourrais d’ailleurs tenir une vie sans racheter de sac à main, mais c’est un autre débat. Pour l’heure, nous ferons ces deux voyages, et pour l’avenir, nous trouverons une solution quand nous serons confontés aux éventuels problèmes.

Voir leurs yeux briller à la montée et à la descente de l’avion, les voirs goûter à de nouvelles saveurs, de nouvelles senteurs et découvrir de nouvelles cultures, de grands espaces de natures ou des mégalopoles surpeuplées, accepter l’autre comme son égal et ne pas avoir peur, avoir une volonté d’explorer, les voir s’émmerveiller, et en profiter à leurs côtés, c’est ce que nous souhaitons pour nos enfants, alors tant pis pour la raison, cette année, nous voyagerons !

Le ski au club

On s’est laissé convaincre de passer une semaine de vacances à la montagne, au club. 7 ans sans montagne, 15 ans sans ski, et on a emmené nos Mogwaïs respirer l’air pur de la montagne.

Alors le bilan ?

Moi qui appréhendais le club, les activités obligatoires et les spectacles m’as-tu-vu, je me suis finalement retrouvée comme un poisson dans l’eau. Sans aucun doute grâce aux bracelets open bar et aux jeux apéro, dont on a d’ailleurs gagné le premier. J’ai passé ma semaine à glousser d’avoir – presque – rien à faire à part demander à JBL de s’agiter devant mon objectif pour compléter mon feed instagram.

J’ai eu effectivement l’impression de faire partie d’un groupe : le groupe des parents débordés « mange tes légumes ou tu ne vas pas à la boum de leo » « MAIS JE T’AI DIT DE TE TAIRE »… En tendant l’oreille, on se rend compte que l’ensemble du club galère avec ses enfants, et je dois avouer que c’est très reposant et déculpabilisant!

Et les enfants ?

Pour eux, c’est le paradis. Tout est fait pour les moins de 10 ans. Il y a de l’espace dans le club, ils peuvent courir, jouer, sauter, et personne ne les regarde de travers. Le staff leur parle gentiment, et il y a le mini-club. L est revenue avec plus de travaux manuels qu’en 2 ans avec la nounou, M ne voulait plus nous approcher avant l’heure de la fermeture, le top.

Je m’étais dit que je m’en fichais si les filles ne touchaient pas un légume pendant une semaine. J’ai quand même essayé. Gagné avec M, perdu avec L, qui s’est nourrie exclusivement de beaufort et de saucisson de la planche apéro. SO WHAT ? Le retour à la maison a été un peu rude « quoi maman ? Mais y a que des légumes là dans ta casserole on va pas manger ça quand même ? » d’ailleurs, j’ai l’air enceinte du troisième, mais en vrai c’est seulement une tartiflette.

Les moins ?

C’est bruyant, vraiment bruyant. Le son est trop fort, il y a beaucoup d’enfants qui hurlent, parfois les tiens quand même, le volume de la cantine du restaurant est quasi insupportable. On ne s’entend pas parler au bar, et ce n’est pas que de la faute de l’open bar.

Le buffet est moyen en terme de goût, mais pour le coup je pense que ça dépend beaucoup du club, et surtout je reste estomaquée par la quantité de nourriture proposée tout au long du service, et donc du gaspillage inévitable qui s’ensuit.

Les chambres sont peu spacieuses – même si on avait pas fait nos asiatiques en prenant une chambre pour 4 à 5 – Mais je crois que c’est un peu le lot des locations de ski, puis quand on est au club, on est finalement peu dans sa chambre. Par contre, la literie est vraiment pourrie. Le lit de 120×190, pour deux, ce n’est pas acceptable. Surtout pour deux « grands » et « costauds ».

On recommencera ?

Oui ! Cent fois oui ! C’est la solution idéale pour ne pas se marcher dessus, pour que les enfants soient pris en charge et pour que chacun puisse avoir son indépendance. Pas de tension liées à l’intendance d’une location familiale ou au partage des parties communes. Une semaine c’est bien. A a fin j’en avais un peu marre, et j’étais contente que ça s’arrête. Pour les vacances au ski, qui sont toujours rythmées par les cours et les activités, c’est un très bon compromis pour partir en famille, sans Mamie, même si on l’adore, et manger du beaufort tous les jours sans prendre une réflexion du séjour.

Caprice or not Caprice

J’ai récemment été prise dans une discussion où on m’a dit « Je ne veux pas faire Noël chez ma mère, car cet été elle a dit plusieurs fois à ma progéniture chérie : « arrête de faire des caprices » et ça m’a fait beaucoup de mal, parce que à cet âge là ils ne font pas de caprices, et si elle lui parle comme ça, c’est trop désagréable pour la petite » … J’ai une belle mère qui dit régulièrement « L est quand même vraiment chiante quand elle veut » je gagne niveau réflexion blessante non ?

J’ai déjà partagé ici mon opinion sur l’éducation bienveillante et positive, et tous les travers que je lui trouve. Qu’on se le dise, je préfère clairement une soirée où tout se passe bien et où j’arrive à gérer les crises autrement qu’en punissant ou en criant. Mais ça n’est pas toujours le cas. Fatigue de fin d’année et job à plein temps, c’est même plutôt rare ces derniers temps.

Mes filles font des caprices. L plus que M. Pour tout, pour rien, tout le temps. Appelez ça comme vous voulez, de la frustration, du désarroi, qu’elles n’ont pas les armes pour exprimer convenablement leur chagrin ou leur colère, ok. C’est un caprice. Ça ne m’empêche pas de les accompagner et d’essayer de mettre en mots avec elles les raisons de leur état. Ca ne m’empêche pas de leur expliquer pourquoi on ne peut pas toujours assouvir ses désirs, même si mes arguments d’adulte ne font pas toujours mouche. Ça ne m’empêche pas non plus de devoir parfois finir mes courses en trainant un enfant hurlant en mode sac à patate sur l’épaule, parce que rien n’y fait, et que non, la discussion de plus de 2 minutes entre le rayon jambon et le rayon yaourt du carrefour, c’est juste pas possible (une des nombreuses raisons pour lesquelles je fais mes courses en ligne)

Les discussions sur le vocabulaire adéquat me gonflent un peu. Mon enfant, qui ne peut pas comprendre qu’on assouvisse pas son désir là maintenant tout de suite, ne peut – selon moi – pas comprendre la différence entre « tu fais un caprice » et « tu exprimes ta frustration ». J’utilise donc régulièrement le mot caprice dans mon vocabulaire. En plus soyons honnêtes : déjà quand c’est ton môme qui te gâche l’heure de l’apéro parce que tu lui as dit que non il ne pouvais pas croquer le fouet catalan à pleines dents, ou qu’il fallait partager les cacahuètes, c’est ultra pénible. Mais quand en plus c’est le môme de ta copine, qu’il s’est levé du pied gauche, qu’il t’a saoulé toute la journée, et que tu ne peux rien lui dire, tu as le droit de penser qu’il te fait chier.

Alors ok, quand c’est la vieille dame à la caisse du supermarché, que tu ‘as jamais vu de ta vie, tu peux lui rentrer dans les dents. Au contraire, la vieille du supermarché et sa réflexion méchante ont été inventée pour que tu puisse gérer ta frustration à toi de voir tes mômes se rouler par terre en public dans l’allée la plus sale du supermarché, alors que tu leur a lavé les cheveux la veille. La vielle, c’est ton défouloir, la soupape de décompression qui va te permettre d’entourer convenablement tes enfants.

Mais je pense à la mère de ma copine, qui l’a accueillie pendant ses vacances avec sa petite famille. Qui les a nourris, qui a lavé et repassé leurs fringues,  qui a sacrifié ses siestes pour les leurs, qui a assuré le baby sitting et les levers aux aurores, et qui j’en suis sûre voue une passion infinie à sa fille et à sa petite fille. je me dis qu’elle a bien le droit aussi de dire ce qu’elle pense de l’attitude de la gamine ! Je suis persuadée que la petite ne se souviendra pas de la tournure de la phrase utilisée par sa grand mère. Et puis 2 ans c’es l’âge idéal pour apprendre qu’à l’heure de l’apéro, on se tient à carreau !