La Peur Au Ventre

Je comprends l’expression la peur au ventre depuis que je suis mère.

J’accompagne mes filles et je les pousse à dépasser leurs limites. Je le fais avec la peur au ventre. Je les regarde escalader les murs, sauter de plus en plus haut, grimper sur les structures et les échelles des toboggans et ça me prend aux tripes.

C’est un sentiment que je n’avais jamais ressenti avant d’être mère. J’ai déjà eu peur avant bien sur. peur de la vitesse, peur du vide, des peurs tangibles et des peurs surréalistes, mais je n’ai jamais ressenti cette peur viscérale. Ca me tire les ovaires de les regarder faire, et ça me donne envie de faire le troisième. En même temps, je suis fière, très fière de les voir si indépendantes, si téméraires. J’aime les entendre rire aux éclats quand elles réussissent leurs exploits. Mais je suis tétanisée. Alors je les encourage, mais je les regarde de loin, pour ne pas leur communiquer mes peurs.

En ce moment, je vis un peu en apnée, alors j’avoue, je voudrais plus encore que d’habitude, les entourer de papier bulle, les protéger de tous les dangers. Je me fais violence, j’essaye de les laisser s’envoler, mais je ne suis pas très patiente, et parfois un peu méchante. Je suis tellement chamboulée que j’en oublie les priorités. Dès que je m’éloigne d’elles la peur au ventre revient. Forte, sourde, latente, elle ne me lâche que lorsque je les retrouve le soir.

Je ne veux pas leur transmettre mes craintes, je veux que les Mogwaïs grandissent libres, fières, sures d’elles. Mais je sais que pour l’instant il faut être patiente. La douleur est trop vive, la peur trop présente. Alors je les couve un peu trop…

Je crois en mes filles, j’ai confiance en leurs capacités. Je n’ai juste pas confiance en les hasards de la Vie. Bientôt, ce sentiment va s’atténuer et je pourrai recommencer à les accompagner. Je sais que la peur ne quittera jamais complètement mes tripes, mais que je réapprendrai à l’apprivoiser. Je tairais mes peurs pour les encourager à suivre leur voie, pour leur équilibre, mais aussi pour le mien !


 

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Traveling with les Mogwaïs : qu’est ce qu’on mange ? Et le quotidien #lesbriacauvietnam

Forte de notre expérience en Slovénie, j’avais décidé de ne pas me prendre la tête et qu’on verrait bien sur place.

Je n’ai pas fait vacciné les filles contre l’hépatite A par manque de temps d’une part (fallait se renseigner avant) et parce que le médecin contacté en catastrophe m’a dit que ce n’était pas la peine. J’avais lu que les glaçons étaient réalisés à partir d’eau bouillie, et je me disais que tant que les aliments étaient cuits on ne risquait pas grand chose. L’eau en général est bouillie puis reconditionnée en bouteille, elle est très peu minéralisée et donc adaptée aux nourrissons (mais c’est possible que je dise une connerie). Comme l’Asie est le paradis du plastique, pour limiter nos déchets, on achetait des bidons de 5l qu’on vidait dans les gourdes pour la journée. On a utilisé de l’eau minérale pour les filles même pour le lavage de dents, et comme on a des spécimens qui adorent boire l’eau du bain pour l’apéro, on a plutôt orienté vers les douches. Les Mogwaïs ont aussi du boire 70l chacune d’eau de la piscine mais a priori le chlore avait du détruire les bactéries les plus mauvaises !

Qu’on se le dise, les Mogwaïs ont principalement mangé du riz pendant 15 jours – ou alors des nouilles de riz. Riz et viande, viande et riz, riz et crevettes. Les légumes la bas sont plutôt verts. Très verts. Et très frits aussi. Du coup, comme c’était les vacances pour tout le monde, on a pas trop insisté et on a compensé par des fruits… des fruits qu’on épluchait nous même de préférence…

Aucun soucis à déplorer. L a eu plutôt un très bon transit un peu liquide, mais comme elle sortait 14 dents en même temps on pense que c’était lié. On a mangé des snacks dans la rue, joué au milieu des enfants vietnamiens, mangé dans des cantines aux plats uniques. Les Mogwaïs se sont particulièrement bien adapté. Par contre, niveau hygiène il faut être un peu préparé: on a préféré les cantines « en dur » avec accès à une cuisine pour s’assoir et manger, et on s’est contenté du take-away pour les stands de rue : la vaisselle est souvent faite à même le sol dans une bassine dans laquelle on se lave aussi les mains, et où le chien du voisin vient boire, voir direct dans le Mékong qui n’est pas le fleuve le plus propre que j’ai jamais vu… mais les vietnamiens sont rois du conditionnement individuel et même si d’un point de vue consommation responsable, toutes les barquettes en plastique, polystyrène, et couverts à usage unique ce n’est pas terrible, ça nous a permis de goûter à tout. Les filles se sont régalées ! On a bien eu une ou deux déconvenues avec des plats trop épicés mais heureusement tout le monde s’en est remis !

De même on a trouvé sans problème des couches et la marque vietnamienne est très bien. On trouve aussi des pampers. Pour mes couches bio, je me suis assise dessus mais pour 15 jours de vacances, quelle importance ? J’avais emporté un paquet de lingettes biodégradables pour le change et un autre de lingettes antibacteriennes pour désinfecter les petites mains rapidement et les petits objets tombés par terre. On a aussi lavé les doudous plusieurs fois au cours du voyage Parce que le VietNam est un pays très poussiéreux. (Les mecs de l’hôtel ont du bien rigoler)

On a eu un peu plus de mal à trouver du lait demi écrémé. Il est souvent vendu sucré la bas. On en trouve dans les grands supermarchés type mall et dans tous les lieux touristiques. Il vient souvent d’Europe et pour le côté local c’est pas trop ça, mais impossible de couper le biberon du matin aux Mogwaïs… M a trouvé très drôle de manger des œufs et des brioches farcies à la viande le matin, mais L s’est contenté de quelques bananes et de chocapic au petit dej !

Pour le côté aventure et road trip on repassera : en voyageant à 9, c’est aussi cher de réserver des billets individuels que de louer un minibus. On a choisi cette solution plus flexible en termes d’horaires et de confort. On a aussi beaucoup pris le taxi 6 places : à 9 un peu serrés, c’est large ! Ca nous fait de chouettes souvenirs, et de grosses parties de rigolade tous ensemble.

Le rehausseur gonflable est un vrai bon investissement. Il surélève les petites fesses des petits enfants qui peuvent regarder le paysage par la fenêtre. Après, 80% du temps, il n’y a pas de ceinture de sécurité  dans les transports (en tout cas en état de marche)… il faut donc s’adapter. M est un enfant plutôt sage et bien installée entre sa TatieCayole et son TontonBaji, elle n’a pas bronché ! Pour les longues distances, L a voyagé dans le porte-bébé attachée à nous, mieux que rien et non négociable tant cet enfant est un asticot !

Bref un quotidien chamboulé et un peu mouvementé… on a laissé couler et on ne s’est pas trop embêtés. On retiendra que c’est possible de voyager avec des jeunes enfants et de s’adapter. On peut très bien manger dans la rue sur des chaises en plastique, boire des jus de fruit frais avec des glaçons, manger des crevettes, ou du porc, des glaces aux haricots rouge et se faire proposer du rat !

C’est une vraie aventure et une ouverture d’esprit riche pour les petits comme pour les grands. Avant tout je crois qu’il faut se connaître : on a bien fait une nuit dans une auberge de jeunesse (en chambre privée mais quand même) les draps et les serviettes etaient propres, mais la baignoire bof. Pas d’eau chaude le matin, etc. L a dormi entre nous (et s’est réveillée a 5h), bref : une nuit cest bien, j’en aurais pas fait 5 !!

Ce qui est sur c’est qu’on repartira a 4 ou à 5. On aura profité à fond, mais vraiment à fond de ce voyage en famille, à 9. et tant mieux ! Il aura pris une tournure dramatique à notre retour, mais je n’oublierai pas ces 15 jours d’intense bonheur tous ensemble de se retrouver au bout du monde… Aujourd’hui mon cœur pleure et nous sommes en deuil, mais je veux réussir à détacher ces deux événements de nos vies.

Le jour du départ, j’avais posté ceci sur IG et je vais garder de notre aventure c sentiment ultra positif de fin de vacances :

« Ce matin on a souhaité bon vent aux jeunes mariés qui reprenaient la suite de leur voyage. On a contemplé l’idée de leur emboîter le pas, mais les bonnes choses ont une fin, jusqu’à la prochaine fois pour nous 4 en tout cas. Il y avait beaucoup d’émotion et quelques larmes dans les yeux, mais ce qui compte c’est à quel point c’était bien »

Ce qui compte aujourd’hui c’est d’avoir pu aussi se serrer si fort, et se souhaiter bon vent pour la suite… On t’aime pour toujours TatieCayole

Bref, j’ai hâte de repartir la prochaine fois : Essaouira ? le Mexique ? l’Argentine ?  mais malheureusement ce ne sera sans doute pas avant l’année prochaine sauf si je suis enceinte du troisième d’ici là

Je ne sais pas gérer ma carrière 

Et je m’en fous !

Ma vie est ailleurs, certainement pas au travail, et la Vie en général me le rappelle bien trop souvent : profite des chaque instant, lâche prise sur tes clients, tes collègues et les mauvaises réflexions. Le combat n’est pas là. 

Mon combat est auprès des miens, dans la chaleur de mon foyer, autour de la table d’un troquet, à découper un saucisson en tranches fines en sirotant un petit verre, à regarder la Reine des Neiges sous le plaid, à se chamailler pour le choix d’un nouveau lampadaire…

Alors pourquoi je travaille ? Parce que j’aime ça ! J’aime rencontrer des gens, sortir de chez moi, être heureuse de rentrer et puis gagner ma vie aussi. Pouvoir m’offrir les sorties, les voyages et les plaisirs de la vie !

Attention, je ne prends pas mes responsabilités par dessus la jambe et je suis impliquée. Ça ne veut pas dire que je ne fais jamais d’extra ou de cas par cas. Simplement je ne me bats pas contre les difficultés : je les laisse couler. Si la pression devient trop forte, si on ne veut pas m’accompagner, je préfère me tourner et partir…

J’ai eu de grandes responsabilités, j’ai très bien gagné ma vie, j’ai eu aussi des jobs plus simples. Aujourd’hui j’ai trouvé un bon compromis : mon salaire est correct, mon taux horaire aussi. On ne m’envoie pas de mails en dehors du bureau, mon téléphone portable est uniquement perso…

Je ne devrais sans doute pas le dire, mais le travail n’est pas ma vie. J’en parle assez ouvertement, et sans doute que cela me dessert au cours de ma carrière : pourquoi faire évoluer celle qui avoue humblement que ce n’est pas sa priorité ?

J’attends naïvement le boss, l’équipe qui me prendra avec cette particularité et aura confiance en moi. Ou alors peut être un jour aurais-je le courage de voler de mes propres ailes dans un environnement que j’aurais construit pour moi. Je ne sais pas…

Pourtant, il y a quelques années je rêvais d’un agenda bien rempli, d’une nounou le jour et la nuit. Je rêvais être reconnue et encensée, à la tête d’une équipe, meneuse de projets, par monts et par vaux à sillonner le Monde… Et puis la vie! 

En attendant je tâtonne, j’évolue a l’horizontale, en logarithme plus qu’en exponentielle, et clairement je sais que j’ai raison. J’aime vivre avec beaucoup d’argent. J’aime le luxe et les paillettes. Mais je peux aussi vivre avec peu, et me contenter de tous les plaisirs simples. 

J’apprécie surtout de ne pas m’ajouter une source de stress, une ambition supplémentaire. Ca n’enlève en rien mon potentiel, mon intelligence ou ma curiosité. C’est juste que ces choses la jai choisi de les utiliser autrement, en tous cas pour l’instant. 

Traveling with les Mogwaïs : le jetlag #lesbriacauvietnam

Partir au bout du monde avec des enfants, ca fait toujours un peu peur. 

Moi j’appréhendais surtout le décalage horaire sur les petites. 

J’avais lu qu’il fallait 6j environ pour que les petits s’ajustent au décalage. Pour 15 jours de vacances c’est énorme… et comme je suis la reine des scénarios catastrophe j’imaginais déjà le pire. 

On va pas se mentir : les premiers jours ont été hardcore a l’aller (refus de s’endormir avant 2h du mat) comme au retour (réveils en pleine forme à 3 ou 4h du mat)

Mais ça n’a duré que 3 jours. Enfin 2 jours. Le troisième jour c’était réglé. Enfin bien entendu, L se réveille encore souvent à 6h40. Comme je ne pense pas avoir des enfants plus exceptionnels que les autres (enfin si mais pas pour le jetlag) je laisserai ici quelques points qui je pense ont joué en notre faveur : 

Rentrer dans le vif du sujet et s’adapter au rythme du nouveau pays. Même si ça veut dire qu’on a dormi que deux heures. 

Proposer quasiment exclusivement des activités adaptées aux petits : aires de jeux, parcs, waterpark pour les premiers jours : ils seront plus enclins à participer 

Lâcher prise sur les prises du bec du quotidien : tout le monde est crevé et rien de bon ne sort dans ces moments là : tu veux boire du lait? vas y. Tu veux dormir avec ta robe de princesse ? Go. Un 14eme dessin animé ? Ok… bref c’est les vacances pour tout le monde. 

Réveiller les enfants : ok pour la sieste, mais on se réveille au bout de 3 h max les premiers jours. On se réveille le matin a une heure acceptable (10h30 pour nous les premiers matins, mais les filles auraient pu dormir jusqu’à 14h je pense). 

Le rythme restera un peu hard pour les enfants le temps des vacances. Déjà parce qu’on a fait sauter beaucoup de siestes, et qu’on les couche un peu tard le soir. Du coup ca impacte forcément un peu le budget mais il faut choisir des hébergements agréables : une chambre séparée pour les enfants ou au moins une pièce à vivre séparée de la chambre pour pouvoir vivre quand ils sont couchés. 

Ne pas hésiter non plus à alléger le programme pour que ca reste agréable : on n’a pas fait la moitié de ce qu’on aurait pu à HoChiMinh City, mais on en a quand même bien profité !