Descendre en Pression

Avant j’elaborais des menus pour toute la semaine, je passais le dimanche matin au marché, et le dimanche aprèm à cuisiner. J’étais contente de servir des tajines, des lasagnes, des quiches homemade à ma tribu. On se dépêchait à aller au marché, puis il fallait cuisiner pour être sûrs de ne rien gaspiller. 

Aujourd’hui j’ai ajouté sur ma liste de course des bocaux (bio faut pas deconner) de légumes cuisinés, des légumes surgelés, et même des poissons panés. Ça me simplifie la vie, avec cette impression de servir des repas équilibrés sans avoir trop à  en faire. 

Je ne stresse plus quand les filles mangent des frites deux jours de suite dans le week end. On rééquilibre tranquillement sur la semaine. 

Les mogwais m déjeunent parfois à 15h, d’un sandwich, d’un plat fait maison, d’un plat au resto ou même de quelques crudités et d’un paquet de chips. Parfois on saute le goûter et parfois le dîner  est essentiellement composé de saucisson et de tomates cerises. D’autres fois, comme ce soir, ce sera exclusivement des légumes verts. 

Je pense qu’elles ne se souviendront pas que la panure du poisson n’était pas maison, ou que les petits pois venaient d’un sachet plastique picard pioché dans le congelo. 

J’espère par contre qu’elles se souviendront qu’en rentrant du boulot, on faisait un jeu, que pendant le bain, j’étais là au lieu de remuer mes casseroles, et que manger un macdo à 15h en famille dans la voiture c’est drôlement rigolo quand on y pense. Elles se souviendront que le dimanche aprèm on restait à la plage jusqu’à 19h, avant de prendre la voiture pour Paris. Elles se souviendront qu’on était là et qu’on partageait nos week ends au lieu de gérer l’intendance de la semaine. 

Mon épanouissement passe par mon boulot, par mes moments à moi et par la qualité des moments passés en famille. Pas parce que je fais une meilleure blanquette que ma belle-mère.  J’aimerais être cette mère parfaite qui passe faire les courses en sortant du boulot et fait de bonnes choses pour ses enfants, à base de 5 fruits et légumes frais, mais je me rends compte que j’ai pas le temps. Je ressens plus de stress que de fierté à gérer tous ces repas parfaits. 

Alors déjà qu’on mange 2 fruits et légumes surgelés, ou des pâtes au beurre, tant qu’on prend le temps de se raconter nos journées, je me dis que c’est à moitié gagné !

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Noces de Froment

Le 9 mai nous avons fêté nos 3 ans de mariage.

Nous aurions du fêter nos trois ans de mariage. 

Parce qu’en fait, on a zappé. La faute à la charge mentale, ou aux prémices d’alzheimer, on ne saura jamais. J’ai pensé à l’anniversaire de la nounou, à celui de la belle sœur, mais pas à nos noces de froment. 

Le 9 mai on s’est levés à la bourre – comme tous les jours – on a été bosser, j’ai du rentrer dare dare pour relayer ma nounou qui était malade, on a pris l’apéro avec les voisines. Et j’ai zappé. JBL a lui aussi zappé, entre boulot et réparations de la voiture à gérer il ne m’en a pas parlé. 

Le 10 mai, jour du mariage religieux, deuxième chance on a encore zappé. On a tellement zappé que JBL est parti boire des coups avec ses potes. 

On a sorti le grand jeu l’année dernière pour les noces de cuir, et cette annee, mauvaise illustration de l’amour dure 3 ans ! Ca me fait quand même tout drôle qu’on ai oublié. Surtout qu’on s’est mariés le week end du 8 mai parce que c’est une date facile…

Puis finalement, alors que j’envoyais un texto à JBL en déplacement ce soir pour lui dire qu’on (IL) avait oublié notre anniversaire de mariage, j’ai reçu un texto de sa part qui me disait la même chose. OUF ! L’amour est sauf, on est toujours connectés !

🐳💦Plouf !

Le texto des copains est arrivé à 9h30 : ça vous dit la piscine avec les enfants ce matin ? 

Pour une fois on a décidé de laisser tomber le marché, on mangera des knacki et du surgelé cette semaine – ou alors on demandera à la nounou de faire le marché mardi… et on a sauté sur l’occasion. On a lâché la routine et on a improvisé. 

J’ai rasé rapidement mes jambes qui attendaient patiemment l’été, on a retrouvé les brassards, sorti les maillots de bain, jai enfoui mes complexes au fond du sac de piscine et on a mis notre petit monde surexcité dans la voiture, direction la piscine, option détour par le décathlon pour choper des bonnets de bain. 

Les mogwais étaient surexcitées, bien entendu. Bien entendu, L s’est endormie dans la voiture au dernier virage avant d’arriver. Bien entendu on a pas trouvé où se garer et on a fini  au parking payant – qu’on se le dise, Saint ouen n’a rien à envier à Paris, le parking est hors de prix. Bien entendu, le toboggan était hors service. Mais qu’est ce qu’on a rigolé ! 

Bien entendu quand ca a été l’heure de partir, il pleuvait des cordes et le dej trendy dans les puces s’est fini au Quick de la mairie. Les Mogwais sont sorties couvertes de ketchup et ravies de leur journée. Elles n’ont négocié ni pour la sieste, ni pour le coucher. 

Et pour ma part, après l’humiliation des bourrelets et du bonnet de bain, j’ai aussi tiré parti de cette journée : outre les rires aux éclats de mes poupées, j’ai pu sortir la jupe et les sandales sans rien à cacher ! 

La charge mentale 

La charge mentale désigne cette tendance, cette obsession à la planification et à la maîtrise que l’on veut avoir sur notre foyer.

Je fais clairement partie de celles qui pensent en permanence à la gestion de la maison : faire les machines le jeudi pour que la femme de ménage gère le repassage le vendredi, préparer la veille le plat que l’on doit manger le lendemain. Je me mets une pression dingue.

Je suis aidée par JBL. C’est vrai. Il ne prend pas autant d’initiatives que moi, c’est vrai. Mais s’il le faisait, je ne sais pas si ça me soulagerait. Au contraire, il sait compartimenter : tout le monde va survivre si on n’a pas lancé la machine, et peut être même que à la place du repassage, ça permettrait à la femme de ménage de faire les vitres de la chambre de L.

On ira bien aussi si on mange des pates au beurre deux soirs de suite, et on survivra sans moutarde ce soir, et au pire, le Franprix est ouvert jusqu’à 21h.

Je reproduis le schéma familial souvent au détriment de temps passé avec mes enfants, et je me fais des noeuds au cerveau en voulant tout anticiper. Je n’ai pourtant pas le temps de tout gérer.

Mais la polémique, à mon sens, elle n’est pas que mon conjoint doit s’adapter à mes attentes, mais que je dois apprendre à lâcher prise. « I am enough » « I don’t have to do it all ». Un peu de pensées positives, quelques mantras quotidiens pour se ressourcer et oublier cette pression que je me mets seule.

On pourrait ajouter « je me suis pas ma mère » et d’un coup la pression retomberait. Le pire en effet, c’est que au boulot, malgré un rythme soutenu et des clients exigeants, je gère tout en fluidité.

Mon chéri, il sait très bien ce qu’il y a à faire à la maison, mais il ne se met pas la raté au cour bouillon : il gère les urgences. Si on doit sauter la douche, manger froid, vider le lave vaisselle demain, il ne s’en formalise pas. C’est sans doute ça la clé : d’évoluer plutôt que de s’apitoyer et de demander à l’autre de changer ? Puis le lâcher prise est à la mode alors pourquoi ne pas essayer ?

Cent pour sang 

En Janvier j’ai changé de boulot. Vu le bore out qui m’attendait dans le précédent, j’ai bien fait et je ne regrette pas cette décision.

Par contre j’ai du renoncer au 80%. Au moins pour l’instant. En soi, on ne peut pas me le refuser, surtout maintenant que j’ai passé ma période d’essai. Dans les faits, j’ai aujourd’hui suffisamment  de boulot pour meubler mes semaines de 5 jours, alors passer à 80% me semble compliqué.

Mes vendredi libérés me manquent un peu je l’avoue, et ça me tue de ne pas pouvoir accompagner M à l’école le matin. Je regrette les  dej avec mes copines en dehors du 10eme, ceux qui finissaient souvent en virée shopping. Ça me manque d’aller au sport le vendredi matin sans que ça n’empiète sur l’heure du bain.

Je regrette mes week ends de trois jours hebdomadaires et cette coupure salvatrice avant chaque lundi. Cette mise en bouche du week-end où on avait moins d’horaires, qui adoucissait la course folle du reste de la semaine.

On trouve des astuces pourtant. J’envoie de temps en temps M à la garderie pour pouvoir être celle qui la récupère à l’école. Je ne vois pas la maîtresse pour autant, mais au sourire sur le visage morveux de ma gamine, c’est la même chose. Ces 15 minutes en tête à tête, à 100% avec ma grande avant de retrouver la petite, ces 15 minutes où on va faire une course entre grandes je les savoure.

Alors ce soir là, j’oublie le boulot, les deadlines et les dossiers en cours. Ce qui prime, c’est l’appel de ma chair et de mon sang, je suis 100% maman, je file à l’heure pile en laissant tout en plan. La culpabilité ? Envolée des que je retrouve mon Mogwaï, son nez tout crotté, heureuse de me raconter sa journée !