Caprice or not Caprice

J’ai récemment été prise dans une discussion où on m’a dit « Je ne veux pas faire Noël chez ma mère, car cet été elle a dit plusieurs fois à ma progéniture chérie : « arrête de faire des caprices » et ça m’a fait beaucoup de mal, parce que à cet âge là ils ne font pas de caprices, et si elle lui parle comme ça, c’est trop désagréable pour la petite » … J’ai une belle mère qui dit régulièrement « L est quand même vraiment chiante quand elle veut » je gagne niveau réflexion blessante non ?

J’ai déjà partagé ici mon opinion sur l’éducation bienveillante et positive, et tous les travers que je lui trouve. Qu’on se le dise, je préfère clairement une soirée où tout se passe bien et où j’arrive à gérer les crises autrement qu’en punissant ou en criant. Mais ça n’est pas toujours le cas. Fatigue de fin d’année et job à plein temps, c’est même plutôt rare ces derniers temps.

Mes filles font des caprices. L plus que M. Pour tout, pour rien, tout le temps. Appelez ça comme vous voulez, de la frustration, du désarroi, qu’elles n’ont pas les armes pour exprimer convenablement leur chagrin ou leur colère, ok. C’est un caprice. Ça ne m’empêche pas de les accompagner et d’essayer de mettre en mots avec elles les raisons de leur état. Ca ne m’empêche pas de leur expliquer pourquoi on ne peut pas toujours assouvir ses désirs, même si mes arguments d’adulte ne font pas toujours mouche. Ça ne m’empêche pas non plus de devoir parfois finir mes courses en trainant un enfant hurlant en mode sac à patate sur l’épaule, parce que rien n’y fait, et que non, la discussion de plus de 2 minutes entre le rayon jambon et le rayon yaourt du carrefour, c’est juste pas possible (une des nombreuses raisons pour lesquelles je fais mes courses en ligne)

Les discussions sur le vocabulaire adéquat me gonflent un peu. Mon enfant, qui ne peut pas comprendre qu’on assouvisse pas son désir là maintenant tout de suite, ne peut – selon moi – pas comprendre la différence entre « tu fais un caprice » et « tu exprimes ta frustration ». J’utilise donc régulièrement le mot caprice dans mon vocabulaire. En plus soyons honnêtes : déjà quand c’est ton môme qui te gâche l’heure de l’apéro parce que tu lui as dit que non il ne pouvais pas croquer le fouet catalan à pleines dents, ou qu’il fallait partager les cacahuètes, c’est ultra pénible. Mais quand en plus c’est le môme de ta copine, qu’il s’est levé du pied gauche, qu’il t’a saoulé toute la journée, et que tu ne peux rien lui dire, tu as le droit de penser qu’il te fait chier.

Alors ok, quand c’est la vieille dame à la caisse du supermarché, que tu ‘as jamais vu de ta vie, tu peux lui rentrer dans les dents. Au contraire, la vieille du supermarché et sa réflexion méchante ont été inventée pour que tu puisse gérer ta frustration à toi de voir tes mômes se rouler par terre en public dans l’allée la plus sale du supermarché, alors que tu leur a lavé les cheveux la veille. La vielle, c’est ton défouloir, la soupape de décompression qui va te permettre d’entourer convenablement tes enfants.

Mais je pense à la mère de ma copine, qui l’a accueillie pendant ses vacances avec sa petite famille. Qui les a nourris, qui a lavé et repassé leurs fringues,  qui a sacrifié ses siestes pour les leurs, qui a assuré le baby sitting et les levers aux aurores, et qui j’en suis sûre voue une passion infinie à sa fille et à sa petite fille. je me dis qu’elle a bien le droit aussi de dire ce qu’elle pense de l’attitude de la gamine ! Je suis persuadée que la petite ne se souviendra pas de la tournure de la phrase utilisée par sa grand mère. Et puis 2 ans c’es l’âge idéal pour apprendre qu’à l’heure de l’apéro, on se tient à carreau !

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