Femmes sous pression

J’ai fait des études prestigieuses et la plupart de mes copines d’aujourd’hui, je les ai rencontrées dans les open bar de l’école de commerce. Profil cadre sup, dynamique, urbaine, un ou deux enfants, un scooter et une – voire deux – nounou(s) à domicile. J’ai fait le choix de changer de voie à la naissance de M, de prendre un métier qui m’assure de pouvoir l’accompagner à l’école et de pouvoir être à la maison à 18h, en théorie, si les astres sont bien alignés.

Et j’ai la pression. Parce que ce choix de réduire mes horaires au quotidien vient avec une perte financière sèche, et que, si je suis persuadée d’avoir fait le bon choix et d’avoir trouvé mon équilibre parfait vie de famille et vie professionnelle, j’essaye aussi coûte que coûte d’être irréprochable à la maison : je culpabilise quand je demande à la nounou de faire des heures sup, parce que j’ai rdv à 20H30 avec mes copines (à la sortie du travail ahah) pour boire un verre, et que je préfère profiter de ces trois heures de liberté pour faire du shopping. Je culpabilise, quand je demande à JBL de rentrer tôt à la dernière minute, parce que j’ai un plan sympa qui vient de tomber. Je culpabilise aussi quand je dois refuser une soirée, ou pire l’annuler, parce que j’ai un peu tiré sur la corde et que j’ai envie de voir mes filles (et vice versa).

Autour de moi, c’est pareil, quels que soient les choix : temps complet, temps partiel, déplacements constants, horaires souples ou au contraire grosses journées, nous culpabilisons toutes de ne pas en faire assez. Crainte du regard des autres, et en particulier de nos mères, belles-mères et de nos nounous. Pas assez à la maison, trop au travail, ou l’inverse.

Pourtant quand on y pense, on pourrait balayer d’une main ces regards insistants : j’ai une nounou qui fait presque partie de la famille, et les filles l’adorent. Cette aide précieuse me permet de conserver une vie sociale importante à mes yeux, et de répondre présente à des événements de dernière minute. Retrouver un peu d’insouciance, comme avant les enfants, quand le texto « un verre ? » de 19h tombait toujours à pic. J’ai une passion débordante pour l’apéro, mais ça fonctionne aussi avec une séance de sport ou de ciné.

Nous avons le luxe de choisir de prendre une baby-sitter et les moyens financiers pour engager de l’aide à domicile régulière. Au lieu de culpabiliser de ne pas vivre comme nos mères qui pour beaucoup ont fait tourner l’essentiel autour de leur foyer, je trouve dommage de ne pas réussir à assumer : « oui, j’ai besoin d’aide au quotidien. J’ai besoin d’aide pour le ménage, de l’aide de ma mère, de ma sœur, de mes amies et de ma nounou ».

Comme tous les parents qui jouent avec les cartes qui leur ont été distribuées, je crois que nous faisons de notre mieux. Selon l’adage, il faut un village, alors mon village, je l’embrasse car c’est celui qui me permet d’être celle que je suis au quotidien.

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